mardi 1 avril 2008

Rilke: ce que c'est que la perte

Balthus_la_rossinire_par_martine_fr
Balthus à la Rossinière (1999) Martine Franck
« Trouver. Perdre. Est-ce que vous avez bien réfléchi à ce que c'est que la perte ? Ce n'est pas tout simplement la négation de cet instant généreux qui vint combler une attente que vous même ne soupçonniez pas. Car entre cet instant et la perte, il y a toujours ce qu'on appelle - assez maladroitement j'en conviens - la possession. Or, la perte, toute cruelle qu'elle soit, ne peut rien contre la possession, elle la termine, si vous voulez; elle l'affirme ; au fond ce n'est qu'une seconde acquisition, toute intérieure cette fois et autrement intense. »

A Baltusz, « pour ceux qui vous verront toujours éploré au bout de votre ouvrage, j'ai composé la première partie  - un peu fantaisiste - de cette préface. Pour pouvoir leur dire à la fin :"tranquillisez-vous : je suis. Baltusz existe. Notre monde est bien solide. Il n'y a pas de chats. »

Préface de Mitsou - Quarante images par Baltusz, Rainer  Maria Rilke (Ed. Rivages)